Pour mieux comprendre les origines historique du movement révolutionnaire au Guatemala, nous devons considérer les moments importants au cours du développement des differents groupes guérilla.

Le premier moment important était la fondation du movement gauche en Guatemala, exprimer avec la création de la Partie Communiste (PCG) en 1923, qui était composé des ouvriers et des organisations mutuelles qui ont formées des syndicats autonomes.

Postérieurement, la dynamique traversée par le PCG se caractérise par ses rapports conflictuels avec les différents gourvernements et la persécution de ses dirigeants. Le conflit a notamment culminé sous le gouvernement du dictateur Jorge Ubico, où en décembre 1931 et janvier 1932, la majorité des leaders communistes furent emprisonnés et condamnés à mort. Ces incidents ont entraîné la disparition du premier parti communiste au Guatemala.

Dix ans plus tard, toujours dans le cadre des mobilisations contre la dictature de Jorge Ubica, un nouveau mouvement surgit dont la composition est différente de celui des années 20 : il se compose essentiellement de jeunes, de la classe ouvrière, d’enseignants, d’universitaires et de femmes. En 1944, ce nouveau mouvement réussit à faire démissionner le dictateur Ubico et, six mois polus tard, à renverser le général Federico Ponce Vaides et sa junte. Le mécontentement populaire et des forces d’opposition au régime ont abouti à la Révolution du 20 octobre 1944.

La période révolutionnaire d’étendant de 1944 à1954 est caractérisé par l’instauration d’un régime démocratique accordant des libertés politiques et civiles telles que la libre-association et la reconnaissance du droit de vote féminin et de analphabètes. De tels droits n’avaient jamais été reconnus dans l’histoire libérale et républicaine du Guatemala. Il est possible qu’un des objectifs principaux de cette période ait été de parvenir, en « envourageant la possession individuelle de la terre (…) à faciliter le formation du capitalisme dans l’agroalimentaire. » (Pinto Soria, 1944-1970).

Dans ce contexte de participation politique, et en alternance, la Révolution au Guatemala a déclenché de profondes transformations concernant la structure de possession de la terre grâce à la Réforme Agraire et au Décret 900 qui lui donnait ses bases constitutionnelles, et permit la contruction de centrales hydroélectriques et d’infrastructures. Ces dispositions ont directement affecté le capitale nord-américain dont l’hégémonie englobait déjà l’Amérique Latine.

C’est entre autres en réaction à ces mesures qu’en 1954 le gouvernement des États-Unis, par l’intermédiaire de son Agence Centrale de Renseignements, la CIA, organise et soutient depuis Honduras une armée de mercenaires, commandée par le Colonel Carlos Castillo Armas, chargée d’effectuer une invasion soi-disant de « libération » et comptant en outre avec l’appui des hautes autorités ecclésiastiques et de l’oligarchie nationale. La conséquence de cette manœuvre fur la démission forcée du président Jacobo Arbenz Guzmán.

L’intervention nord-américaine au Guatemala mit fin à dix ans de gouvernements démocratiques et inaugura une période de régimes militaires avec participation de l’oligarchie durant laquelle les dirigeants Révolutionnaires furent persécutés et, comme le président Arbenz Guzmán lui-même, durent s’exiler.

Il importe de souligner que cette période était dominée par l’impératif de contenir une évolution démocratique qui portait atteinte aux intérêts des États-Unis en Amérique Latine et de consolider, dans le contexte de la guerre froide, l’hégémonie nord-américaine sur l’Amérique Latine commencée durant la Seconde Guerre Mondiale, en établissant un précédent d’intervention américaine dans un pays d’Amérique Latine.

Ce verrouillage des espaces politiques suite à l’intervention américaine est l’une des causes les plus importantes de l’apparition de la lutte des insurgés, s’ajoutant aux causes historiques, aux rapports économiques inégaux basés sur l’exclusion et « le racisme comme expression idéologique de la colonisation. » (CHCG: Memory of Silence)

En 1960 eut lieu un soulèvement de jeunes militaires en défense de positions profondément nationalistes contre le régime du Général Miguel Ydígoras Fuentes ainsi que contre les abus et excès des responsables de l’invasion de 1954. Son principal motif fut toutefois la violation de la sauveraineté nationale par le président Ydígoras qui autorisa les militaires des États-Unis à utiliser l’exploitation agricole La Helvetia, dans le département de Retalhuleu, pour l’entrainement de dissidents cubains en provenance de Miami en vue d’une invasion de Cuba.

Ce soulèvement est entré dans l’histoire sous le nom de Mouvement Révolutionnaire du 13 Novembre (Movimiento Revolucionario del 13 de Noviembre), avec des officiers qui s’y sont distingués tels que Luis Augusto Turcios Lima, Sous-lieutenant qui deviendra plus tard le premier Commandant des Forces Armées Rebelles – FAR –. Entre les années 1960 et 1982, le pays a vue l’émergence de certains factions guérilla qui incluent le détachement du 20 d’octobre, FAR, FGEI, NORC, EGP et ORPA.

Le 7 février 1982 est formée l’Unité Révolutionnaire Nationale Guatémaltèque – URNG –, suite à un processus unitaire lancé par les FAR. Dans un premier temps, elle est seulement rejointe par la ORPA et le EGP ; le PGT s’y ralliera quelques années plus tard.

En 1987, dans le cadre des réunions entre présidents d’Amérique Centrale, dénommées les Esquipulas I et II, le gouvernement de Vinicio Cerezo Arévalo fait les premiers pas pour commencer les négotiations de paix entre le gouvernement et la URNG. En 1996, après une période prolongée, la Guerre se termine avec la signature des Accords de Paix entre la URNG et le gouvernement du président Álvaro Arzú (1996 à 2000).

Selon le rapport « Guatemala, Mémoire du Silence », de la Commission d’Éclaircissement Historique – CEH –, publié en 1999, le bilan de la Guerre, résultat de la politique de contre-insurrection menée avec force d’opérations militaires, massacres, terres rasées, disparitions forcées, torture, violence sexuelle, s’élève à environ deux cent mille morts, 45 mille disparus, et de cinq cent mille à un million cinq cent mille déplacés à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. 83% des victimes de ces violations des droits humains était d’origine indigène et paysanne.